L’ennui, la tristesse
Toujours
La tristesse, l’ennui
Cinquante sept piges
Trois années de bonheur
Les trois premières
Lointaines et délicieuses
Rendez-moi les petits chevaux de bois
Les vieux manèges
Au fond des cours obscures
Rendez-moi mes grands yeux émerveillés
Sur le monde ouverts
Rendez-moi les vieux faubourgs
Les pavés huileux
Rendez-moi les vieux quartiers poisseux
Des rues d’Aubervilliers
Rendez-moi les 101 dalmatiens
Les contes des milles et une nuit
Rendez-moi ce vol merveilleux
Sur le dos de ce grand oiseau
Rendez-moi Ali Baba, sa caverne magique
Rendez-moi mes rêves
Les Amours imaginaires
Mon innocence perdue
Rendez-moi mon premier baiser
Rendez-moi l’espoir
La vie qui m’a tant pris
Rendez-moi mon âme volée
Rendez-moi le cœur de l’arbre
La source jaillissante
Du profond des entrailles
Rendez-moi
Le vent
La mer
Que j’aime tant
La musique des ruines de Pompéi
Rendez-moi ce vieux piano désaccordé
Poussiéreux, oublié
Au fond d’une cave
Rendez-moi
L’ Amour
Un peu
Ma seule arme
Ma seule défense
Rendez-moi ce saxophone
Qui cherche sa route
A la sortie du jazz
Rendez-moi
La vie
Monthly Archives: février 2012
Rendez-moi
Palette de mots
Palette de mots
J’écris en trempant ma plume dans la musique. J’écris encore dans l’urgence, comme je pisse, une envie pressante, qui soulage enfin, corps et esprit. J’écris souvent quand le feu passe au rouge. Quand il n’y a plus rien à faire que tirer le signal d’alarme. Alors je sors ma palette de mots et je mets du bleu sur des pétales de rose. De la dorure sur la gelée du petit matin. De la lumière dans les cris qui me perforent la poitrine. Ce que vous appelez bonheur participe à ma propre extinction. Installez dans les starting-block du pouvoir vous êtes prêt à bondir. Je vous vois tel que vous êtes, aveuglés par votre quête. Peu importe le prix! Nous payerons. Les petits, les sans noms, les sans voix, combien de temps leur donne t-on à pleurer chaque matin? Le pire, les gobent tout, béats devant les enzymes de la publicité, qui craquent leur dernier denier à miser encore et encore, qui applaudissent avec ferveur les discours venimeux et lèvent bientôt les bras dans un salut chargé de haine. Le peuple et ses idoles! Le faste et les châteaux jetés à la face des affamés. Les rêves, en veux-tu? En voilà sous toutes ces formes. Les marchands de bonheur de la publicité sont au rendez-vous cinquante fois par fois. Des lotos, des roues de la fortune où les plus cons peuvent gagner ne manquent pas de vous faire rêver. Les hordes de supporters hurlent les noms de leurs héros aux cachets innommables. On nous brandit de belles valeurs, déguisées, fausses, bafouées chaque jour. Hospitalité, tolérance, fraternité, liberté! Va donc voir ailleurs! Ici, c’est au rencart, aux oubliettes de la pseudo démocratie. La liberté de vous dire merde Monsieur le Président, est la première de toutes ces valeurs. Société de pouvoir, de l’argent dieu, du pouvoir de l’argent, société de déclin, ruinée et alors…
J’irai danser sur vos corps brulant.
Mots maudits
Mots Maudits
Je suis toujours dans l’urgence, encore. Dans l’angoisse, la détresse, le désespoir. Des mots, encore ces mots, maudits ces mots, perdus, oubliés, inconnus. Qui donc me donnera des verbes, des adjectifs, des exclamations à gueuler. Qui donc? Des mots pour photographier ma poitrine battante et suffocante sous le poids d’un grain de sable. Des mots pendus à mon cœur dans le vide. Des mots pour mes yeux aveugles dans le brouillard. Des mots comme des cachets, comme une lame, donnez-moi des mots, des mots à jeter à la face de vos miroirs vainqueurs. Des mots à exorciser toute cette souffrance qui me brule les entrailles. Des mots pour écrire avec le sang, avec les larmes sur les murs salis de vos églises. Que reste t-il? Que cette codification, des mots! Encore! Dans les dédales des labyrinthes de mon esprit errant, je cherche les formules. Dans la nuit j’attends. Lorsque j’étais enfant, la nuit, j’attendais, une voix qui me rassure, le geste d’existence, nom de Dieu! T’étais où? La souffrance des poètes, angoisse, solitude, l’avoine de l’inspiration, c’est bon pour les cafés littéraires. Ce n’est pas un choix, il n’existe rien d’autre que l’encre versé comme du sang. Quand monte l’angoisse, alors tu tailles dans le vif avec des mots dans la chair du cahier. Tu craches sur les pages, dans les lignes, dans les marges, des mots désespérés. Les mots de tempêtes qui claquent, déchirent, foudroient et crient gueulent explosent.
Sous le ciel vert d’amertume qui me consume, des crocus jouissent sous le soleil. Des tulipes pointent leur nez, raison d’espérer.

Commentaires récents