La mort
J’entretiens avec la mort une relation étroite depuis ma tendre enfance. Je devais avoir entre 4 et 6 ans et je me souviens très bien avoir eu, une nuit, une peur panique de la mort. Ma mère avait beau faire, j’étais inconsolable. Depuis, je pense que la mort ne m’a jamais quittée. C’est elle qui me pousse à aimer la vie, à adorer la liberté, la musique, les grands espaces, les montagnes et les supers couchers de soleil, c’est elle qui me suit sur les chemins. J’aime marcher, le corps en mouvement et l’esprit qui s’arrête, qui se pose avec cette certitude que la mort est bien présente, c’est elle qui me dit : regarde et profite bien car un jour viendra où tu ne seras plus. La mort est notre seule garantie, c’est un état, celui de la non existence qui me fait peur. La mort est le passage vers le néant, ne plus ÊTRE, l’absence totale que j’essaye d’imaginer en me demandant qui j’étais avant ma conception. Rien. Rien de plus que je serai après cette mort annoncée.
Lorsque le psychiatre à l’hôpital m’a dit « vous l’avez échappé belle, cela aurait pu vous tuer », j’ai reçu un choc. J’ai réalisé que je n’avais pas vraiment voulu mourir, du moins c’est la réflexion que je me suite faite, après coup. Mais le jour où ça s’est passé, je ne voyais pas les choses sous cet angle. J’étais en vie certes, mais retrouverais-je le sens de la vie, saurais-je lui donner un élan suffisamment riche pour en apprécier toutes les saveurs? Les médicaments m’aident à masquer ma dépression mais pourrais-je en guérir un jour? Je n’ai à cet instant, aucune certitude, seulement une peur, celle de refaire une tentative, un jour, qui pourrait être fatale. Heureusement c’est loin d’être à l’ordre du jour. La seule chose qui compte est de retrouver ou plutôt trouver un sens à la vie. C’est sans doute cela, la résilience, rebondir et donner un sens à sa vie.

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