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Évasion

Évasion

L’évasion n’étant qu’une projection de l’esprit, alors je suis un perpétuel évadé.
Je m’invente des images, de nouvelles galaxies.
Je m’invente un nouveau monde, sans dessus-dessous.
Vous me voyez la, dans cette chambre noire,
Mais je n’y suis pas
Je suis déjà parti en dehors de vos mots
Au-delà de toutes vos espérances
Je suis unique, seul, inaccessible.
La naissance, nous voilà seul avec notre souffrance
la mort, nous voilà seul avec notre souffrance
Entre deux, nous marchons parallèlement
Sans jamais nous rencontrer.
Nous prenons le même train vers ce quoi nous n’échapperons pas.
Les destins croisés ne sont que des exceptions qui confirment la règle,
Des accidents de hasard pour vous divertir
Pour vous faire oublier la règle.
Je ne parle pas des lois étatiques, mais de cette fin qui nous est donnée dès notre début.
Certain appelle cela la vie, mais de quelle vie parlons-nous?
Il faut l’inventer.
Inventer de nouveaux chemins qui nous mèneront vers le néant au souffle d’une brise légère.
Demain? Non aujourd’hui, dès cet instant, faut prendre le large et devenir le non-verbe, le non-mot.
Nada!!!

Absence de futur

Absence de futur

Hier soir, une chose m’a saisie alors que je contemplais le paysage au coucher de soleil, c’est cette absence de futur que je ressens.
Même me projeter demain est pratiquement impossible. Alors comment imaginer l’avenir »? Mon psy me posait cette question il y a quelques semaines et me la reposée à la dernière séance : « Comment imaginez-vous votre avenir? Mais quel avenir? lui répondis-je ».
Il ne parlait pas de l’avenir professionnel, chose étrange quand on sait que c’est ce qui détermine très largement notre « être », mais de mon avenir en tant qu’individu « social »???
Quoiqu’il en soit aujourd’hui je n’en sais rien. Devant, demain, ressemble trop à une impasse.
J’en ai marre, marre des promesses de changement, marre de me faire avoir par des paroles non-tenues, par des boniments, par des espérances désespérantes.
Comment imaginer demain dans ces conditions, dans ces renversements intellectuels de jeux où le plus idiot aura gagné.
Je ne peux que continuer seul sur cette voie trop dangereuse, trop « insécue », trop sombre.

Alcool et dépression

Alcool et dépression

Il fut un temps où j’écrivais la nuit des heures durant. Pas par don, pas pour faire le « poète », pas pour s’donner un genre.
Mais parce que je souffrais trop et que j’avais envie d’hurler. J’écrivais avec des verres de vin que j’engouffrais au fils des heures.
Plus je buvais, plus j’avais mal, plus j’écrivais.
Souvent je buvais en espérant que viennent des phrases, ça devenait un rituel instauré. D’ailleurs avec l’alcool, elles gueulaient plus qu’elles exprimaient une idée.
D’abord j’avais pas de messages à faire passer, pas d’idées, juste une bonne gueulante venant des tripes.
La musique était toujours présente, sœur fidèle à mes côtés. La musique, ma soeur, mon amour, elle était là.
Tout le monde dormait, sauf moi, mon ombre sur le mur, ma bouteille, ma musique.
Ainsi il m’arrivait de pleurer, la tête dans les bras, devant ma feuille.
La nuit, j’allais la visiter, la bouteille à la main. Quel pied! sous les étoiles ou la lune, la bouteille à la main avec cette impression de grandeur.
Oui j’étais immense, indestructible, le bonheur plongé dans le calme de la nuit, sans mur ni fenêtre, juste le ciel.
Le vin, la bierre et la musique accentuaient en force mes émotions et ma douleur rassasiée.
Je nourrissais ma souffrance, je lui servais à boire, je lui donnais du désespoir, je lui donnais une raison d’exister, une cause, une excuse.
Tu ne souffres pas assez, alors je te sert encore un verre et encore un. Et là, ça va? Tu souffres suffisamment? T’es bien? En condition idéale pour verser des mots à gueuler?
Les mots coulaient vite, très vite, sorte d’écriture instantanée, de la merde en fait!
C’était juste des mots issus de colère, de vengeance, de la haine d’une société qui me bouffait par les deux bouts.
Des mots sortis du fond d’une bouteille, des mots d’ivrogne, des mots à gerber.

Cristal

Cristal

Je vis une mort annoncée.

Ce matin, au lever du jour, après une nuit blanche, sans somnifères, j’ai eu cette vision d’un vase de cristal au bord d’une table, à peine effleurée et je le vis tomber au ralentis, se briser.

Je suis ce vase de cristal en équilibre, un être de cristal qu’un simple souffle peut faire basculer.

Je ne savais pas encore que cette chute allait commencer.

Cette dépression, ce feu qui brûle de l’intérieur, ce feu que je veux éteindre, mais toujours attisé par le soufflet de l’intolérance.

Je suis las de souffrir, je n’implore rien ni personne, je ne demande rien, je veux juste la paix, le repos. Il me semble aujourd’hui, à cette heure, que seuls, ces quelques mots dénués de sens, pour vous, me tiennent comme un fil d’Ariane.

Je me sens comme un renard, au fond de son terrier, il sait que dès qu’il pointera son museau dehors, il sera abattu, alors ce renard, a-t-il le choix… ? Mourir sous les fusils ou se laisser mourir?

Le résultat est le même, non pas vraiment…

Mais tout ça ce n’est que du folklore, le folklore de la vie.

Un cœur qui bat, qui s’arrête, et alors!!! Même pas un entrefilet sous les petites annonces pour les crèmes de nouvelle jeunesse.

De quoi vous donner l’envie de gerber, la postérité, ami, ce n’est pas pour nous. Il faut avoir exister pour passer à la postérité…

Moi j’existerai après, dans le vent.

BASTA.

La solitude, réflexions

La solitude, réflexions.

La solitude, dans le refuge de mon exil est le seul moyen actuel de trouver la paix, un peu de repos.

C’est toutefois ce que l’on peut être tenté de croire. Cependant, la solitude est toujours perturbée du fait de mes idées. Elles sont là, trottantes dans le flux incessantes des ondes migratrices de mon cerveau. Il y a toujours des ombres perturbatrices qui me rappellent à ma condition d’existence laborieuse. Il y a toujours des êtres que je haïs, des indifférents passeurs et ceux que j’aime, peu nombreux faut dire, de moins en moins nombreux.

Et oui je fais de l’amour écologique, je fais ma sélection, mon tri, j’aime qui je veux. J’aime ces gens qui portent un ciel tourmenté, orageux, prêt à s’enflammer au-dessus de leur tête. J’aime les gens qui pleurent la nuit, crient, hurlent, tapent dans les murs. Je les aime puisqu’on se connait, on se reconnait, c’est facile alors d’aimer ou d’être aimé. C’est une histoire d’ethnie, c’est de l’amour politique, « tu votes pour qui?, alors viens camarade, je t’aime ».

Rien ne vous oblige en rien, aimez-vous, de Paris ou de Marseille, moi je n’peux pas. Les encartés, les portes-drapeau, les sonneurs de cloches, les moralisateurs de tout bord me donnent la nausée. Je n’appartiens à aucun clan, il y a des gens qui pleurent la nuit, que j’aime et d’autres qui m’emmerdent.

Allez savoir pourquoi? Je ne sais pas.

Le problème avec la solitude, c’est que j’aime trop aimer et être aimé.

Tant qu’il y aura une rose sur terre, je ne serais jamais seul et l’idée me convient parfaitement.

Aimer une rose qui vous a ranimée sous son calice saignant, qui vous a donnée ce sang de la vie et offert une nouvelle naissance. Une fleur une seule, et t’es encore vivant, voilà le miracle.

Faudrait donc pour être seul n’avoir ni rose, ni rien. Ce qui m’est impossible.

Ma solitude est un état impermanent, c’est selon l’image que je m’en fais.

Il y a toujours un livre, une idée, une image, une photo, réels ou dans ma tête qui me servent de cordon ombilical et brisent ma solitude. Ne venez pas confondre la solitude et l’isolation, la solitude est souvent très forte, marchant sur ces trottoirs foulés par des milliers de pas.

Je m’isole, je m’exile pour mieux me remplir.

Retour

Retour

Ce matin la souffrance se réinstalle. Il suffit de peu de chose, une dispute, encore, des mots qui viennent te saigner un peu plus. Volontaires ou non ces mots sont là, ils existent dans l’incohérence, dans les retournements de situation, dans la mauvaise fois.
J’ai beau dire, beau faire, rien de mes arguments ne franchit ce mur de béton. On me parle de souffrance intérieure. Les genres comparent toujours leur souffrance. Quelle connerie! et on entend « moi aussi je souffre! », oui certainement, mais ce que tu ressens, ce que je ressens n’est pas de la même nature.
Tu n’es pas figée et envahie de nausée, de spasmes, d’étouffement, de tremblements, d’envie de crier, de faire mal. Cette angoisse qui noue la gorge à l’extrême est une petite mort.
Ton coup de blues passe, mais je reste là le cœur haletant avec ce mal pour seule compagnie.
J’ai dis, promis, plus de xanax en surdose. Un instant j’ai fermé les yeux et j’ai vu cette terrible image, je marchais comme un funambule mais sur une lame de rasoir géante. Mon corps s’entrouvrait par les pieds.
J’ai sursauté. Mes 2 mépros ne suffisent pas et j’en reprend. Je me réveille avec ce goût au fond de la bouche, je connais ce goût.
L’anesthésie a fonctionné. Quelqu’un m’a téléphoné, voulant prendre de mes nouvelles, je ne me souviens de rien. Une heure et demi au téléphone sans souvenirs.
Une seule tranche de jambon depuis hier midi, depuis rien, je n’ai même pas envie. Je n’ai rien d’autre à faire que d’attendre, d’attendre que tout redevienne limpide, calme, paisible. Alors j’écouterai le silence.

Espoir

Espoir

Je ne me souviens plus, je ne me souviens pas d’avoir été aussi mal.
D’aussi loin qu’il me souvienne, je n’ai de souvenirs si douloureux.
J’ai pleuré si fort, dans le square, dans la rue
Que je n’avais plus de force. Mes pas pesaient si lourds que je ne pouvais plus remonter cette rue.
Maintenant, j’ai mal, mal dans les jambes, la poitrine, la gorge, j’ai des nausées à n’en plus finir.
Je n’utiliserai pas cette lame qui me regarde.
Je ne prendrai aucun cachet, pas un de plus qu’il ne faut.
Je veux juste que cette nuit achève ma destinée. Je veux juste de toute mes forces partir, ne plus revenir, m’envoler aussi à mon tour.
Juste mes cendres jetés du haut de cette falaise. La où les châteaux sont si beaux, la où je t’ai dis « assieds-toi et sent le vent caresser ta peau… »
Je veux juste partir de mort naturelle, cette nuit si c’est possible, fermer les yeux une seconde, pour l’éternité…

Rien

Rien

La mort n’est
ni le jour ni la nuit
ni le bien ni le mal
ni le blanc ni le noir
ni la haine ni l’amour
ni le dedans ni le dehors
ni l’air ni la terre
ni le feu ni l’eau
ni le vide ni le plein
ni l’avant ni l’après
ni l’au dessus ni l’en dedans
ni le chaud ni le froid
ni le désert ni la banquise
ni dieu ni diable
ni être ni avoir
ni maître ni disciple
ni vous ni eux
ni toi ni moi
ni le juge ni l’assassin
ni la justice ni le péché
ni les montagnes ni les mers
ni les nuages ni les fleuves
ni l’envers ni l’endroit
ni le pour ni le contre
ni sans ni avec
ni toujours ni jamais
RIEN

Peurs, angoisses

Peurs, angoisses

J’ai souvent confondu les deux, les peurs et les angoisses. Ce sont des phénomènes bien réels et d’autant plus difficile à cerner pour quelqu’un qui n’a jamais eu d’angoisses. A la question souvent posée, « pourquoi t’es angoissé? », à ce moment précis ou je suis tranquillement installé devant la télévision ou en train d’écouter de la musique ou autre, bref! un moment ou, apparemment, rien ne devrait supposer, de l’extérieur qu’une violente crise d’angoisse peut surgir. Et à la question posée, il n’y a aucune réponse, l’origine de cette angoisse, je ne la connais pas, je n’ai pas de raison, rien que je puisse invoquer pour donner une explication logique et rationnelle.

Je ne peux pas dire à cet instant, c’est mon enfance brisée, mes années d’alcoolisme ou de fumeurs de pétards, mes années de complaisance dans la musique ferréenne, ivre et écrivant des nuits entières en pensant que la négation de tout possédait un pouvoir créateur. Ce n’est ni le remord ou la culpabilité qui me ronge et qui, à cet instant, sont à l’origine de mon angoisse. Par définition, mon angoisse est indéfinissable…Allez faire comprendre cela à quelqu’un qui ne l’a pas vécu. C’est une étreinte qui vous obscurcie, un nuage noir qui vous enveloppe, vous serre, vous étouffe, vous comprime la poitrine, la respiration, les jambes perdent leurs forces. On se sent mal, si mal avec de brusques envies incontrôlables de pleurer, on est impuissant, dominé par cette chose que l’on ne peut pas nommée.A l’inverse la peur est définissable. On peut lui donner un nom que l’autre peut entendre. J’ai peur de la foule ou du noir, des araignées, des serpents, autant de peurs ou de phobies qui sont reconnaissables, identifiables. Certaines peurs ne sont pas handicapantes, comme celle des serpents par exemple qui n’empêche pas de vivre au quotidien mais la peur sociale, de la foule peuvent être de véritables poisons. Elles peuvent être une entrave à la vie quotidienne et aboutir à un véritable handicap.

Un Cri

Un Cri

Comment dire, comment parler, comment pleurer. Il n’y a personne qui puisse entendre dans un profond silence, il n’y a personne pour poser sa tête.
J’entends votre douleur, vos plaintes, votre souffrance et mes cris se perdent sans écho.