Je connais un monde merveilleux
Où nul ne se perdra jamais
Un ciel rempli de nuages d’oiseaux
Une infinie beauté parcourue de notes de musique
Chaque note que je chante que je danse
Nu au sein de nul-part
Ton chemin s’est arrété là
Où j’ai franchi les frontières de la liberté
Penché à la fenêtre où m’a fauché le vent
Libéré de la peur de vivre
Des angoisses de mort
Libéré de la douleur
De la souffrance éternelle
Je connais un monde merveilleux
Où la pluie et le soleil alternent
Où le rire fait place aux pleurs
Où la peine devient légère sous les caresses
Où les fous sont devenus rois
Je connais un monde merveilleux
Où les sages ont aboli l’ordre
Où le bonheur est le safran que l’on cueuille
Debout sur les ailes je chevauche le vent
Le monde est merveilleux
Faudra t-il renaître ou fuir?
Renaître dans le ventre d’une guitare
Avec une fille à l’unisson
Le monde sera un endroit merveilleux
Où naître?
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Un monde merveilleux
Seul avec nos souffrances
Seul avec nos souffrances
Il existe comme un grand vide ici
Rempli de rien
Des noms sans visage
Lorgnent l’horizon de la désespérance
Attendre toujours, espérer sans fin,
Retour à soi
La vie cette île déserte
Rempli de notre solitude
Effrayante chaque soir
Comme un bourreau qui viendrai
Achever ce jour
Je voudrai mourir
Un peu seuleument
De peur d’avoir envie de naître demain
Mourir quelques heures
S’en aller sur l’autre rive
Revoir quelques doux visages
Quelques amours disparus
Caresse moi les cheveux
Encore
Serre moi fort dans tes frêles bras
Tu m’aimais
Toi
Je vois le temps
Il marche vite
Si vite
Je vois ce qu’il me vole
Tu es parti à jamais
Je reste là
Sur le bord du rivage à attendre la dernière vague
Le béton pousse sur les verts coteaux
Pourtant le désert est plus grand que jamais
Je reste seul sur ma falaise
Au dessus de la nuée
Au dessus de dense brouillard
Je suis seul au monde
Avec pour seule compagne
« Cette blessure et qui n’en fini pas
De se rouvrir »
Comme dirait notre cher Léo.
A toi
A toi
Je vois ce que tu vois
Je sens ce que tu sens
Je ressens ce que tu ressens
Je souffre avec toi
En toi au dedans au dessus au dehors
Tes cauchemars reviennent en force
Te livrant tremblante en sueur
Au sein de ces nuits glacées
Ton souffle vital se fait absent
Ta poitrine suffocante te fait si mal
La douleur, ta douleur
Est un faible mot
La souffrance, ta souffrance
Est d’une violence que le mot ne suffit pas à éclaircir
Ton visage, déchiré sous les pleurs
Ne traduira jamais assez toutes ces images
Et ces mots assassins que tout le monde te livre
Avec de belles phrases moralisatrices.
Les beaux penseurs!
Que savent-ils de tes angoisses
De tes envies de vomir
De tes envies de partir
De tes envies de fuir
Cette conscience collective
Qu’ils te jettent à la face
Ont-ils idée, une seule fois
Du mal terrible et des ravages
Causé en ton être fragile, sensible?
T-ont-t-ils tenu la main durant des heures
A écouter tes larmes tomber
Dans cette rivière de pleurs, de peurs?
T’aiment-ils à ce point qu’ils ne veulent que dire du mal?
« Prendre du recul »?
L’Amour se passe de jugement
L’Amour est la présence
L’Amour c’est l’écoute
L’Amour c’est serrer bien fort contre soi celui qui hurle
Tu es un ange, un ange
Perdu dans l’obscurité,
Dedans tout est noir, dehors tout est noir
Tu ne vois plus la lumière
Pourtant elle est là, toute proche
Cherche bien au fond de toi
Ouvre grand tes yeux
Regarde au creux de ton cœur
Entend ce que j’entends
Vois ce que je vois
Des lunes sans miel
Des roses sur les pavés
Poussant derrière des barreaux
Arrachés de nos cerveaux meurtris
Ils t’ont mise là
Dans cette prison
A l’abri d’eux-mêmes
Se cachant derrière leurs propres peurs
Derrière leur propre miroir
Te salissant de tous les maux
Pour laver leur propre honte
Leur propre passé douteux
Ne laisse personne te salir
Ne laisse personne te manquer de respect
Ne laisse personne t’insulter
Penser pour toi, décider pour toi
Nul n’a le droit, PERSONNE
Ferme ta porte aux voix de la « directive »
Tourne toi, montre toi de dos et éloignes toi
Laisse les dans leur royaume de la mesquinerie
De la petitesse
Et des baisés de Judas
Tu es UN
UN de l’Amour
UN avec tes enfants
UN de la colère, de la révolte
HURLE, GUEULE
Tu existes, vivante
Respires encore
Les fleurs, les arbres, la lumière, le vent, la neige, les vagues
Touches, sens, bois, mange
Prend tes crayons,
Dessine
Trace la vie avec ses couleurs, ses parfums, ses sens inventés
Invente chaque jour, construit chaque heure, chaque instant
N’attends pas
Le temps est précieux
Prend la conscience de la durée
De ta durée
De cet éphémère, fragile, unique
A jamais
De ton unicité
Ne pleure plus
Tu n’as plus le temps
Regarde entre tes doigts
Tout nous échappe
Tout file
Le sablier se vide
Alors n’attend pas
N’attend pas
N’attend pas
Demain nous pouvons ne plus être là
Alors n’attend pas
Dis à tes enfants combien tu les aimes
N’attend pas
Demain nous pouvons ne plus être là
Un jour
Une pluie de roses descendra sur terre
Et je saurais
Qu’il sera l’heure.
Des mots qui dansent
Des mots qui dansent
C’est l’heure du flamenco, l’Espagne des matadors flamboyants lorgnent des culs ruisselants et des hanches en partance.
L’Espagne jouit le soir dans les couilles d’un taureau tombé dans la poussière.
L’Espagne se rie, se crie, la nuit, dans la rue, dans les bars sous l’oeil imbécile des amants camouflés.
Des mots, des jeux, des verbes pour rien dire d’autres que le plaisir. Des verbes qui dansent qui chantent et ça suffit pour faire la fête!!!
Mes verbes ont seize ans, des verbes de jambes en l’air, des verbes mélangés comme des partouzes avec du sirop de miel.
Du miel sur ton ventre tout rond, du miel sur ta virginité, sur ton verbe à aimer, tout chaud, au creux de ton ventre.
Les mots sont là et hop!!! j’en jette un au hasard dans ta cour.
« Veux-tu faire l’amour, mon amour, pour deux jours, enfermés dans cette chambre de bonne, là-haut sous les toits… ».
A seize ans, l’amour ça s’invente au présent, ça se dit, ça se lit, ça se rêve, ça se fait, ça se refait, ça se défait…mon amour! mon amour! mon amour!
Nos membres s’agitaient comme des tentacules, les ombres sous ces toits dansaient comme Shiva sur le monde.
Détruire et renaitre, encore et encore, notre danse cosmique comme des mandalas, écrase les ventres des mariés.
A seize ans on a la garantie d’être aimé, on se le dit, on l’entend, on y croit, on se le gueule la nuit dans l’écho de nos chambres.
Mon amour! je t’aime! Je t’aime! Je t’aime!
La voix lactée, je la voie, la nuit, dans ton nuage noir. Dans tes draps de parchemins, elle s’efface chaque matin.
Sous tes voiles parfumés, l’odeur tiède de ta rosée apaise mes angoisses nocturnes.
A seize ans on ne badine pas avec l’amour, on veut tout, on donne tout, on fait pas semblant, on n’exploite pas les sentiments!
Mon amour! je t’aime! je t’aime! je t’aime!
Et voilà! à seize ans on n’a pas peur des mots! on n’a pas appris à s’en méfier! on est tout neuf! tout frais!
On n’est pas comme ces vieux cons qu’osent plus rien dire, qui ne se disent plus des « je t’aime »! des « je t’aime » qu’on mal vieillis, qu’on pas survécu à la tempête!
Des « je t’aime » oubliés dans les années passées! des « je t’aime » angoissés, paumés, avec la trouille au cul à faire frémir les mômes de seize ans.
Gamins d’seize ans, je vous aime, j’aime votre jeunesse et votre amour de la vie, j’aime que vous vous aimiez, aimez-vous! aimez-vous!
N’attendez pas un jour de vous demander si quelqu’un vous aime car se sera bien tard, déjà bien tard…
J’ai du mal dans ma tête
J’ai du mal dans ma tête
D’entendre des choses
Auxquelles on voudrait m’faire croire
J’ai du mal dans ma tête
Et comme une envie d’pleurer
D’marcher courbé
Et faire semblant d’être libre
M’man je saigne au dedans
M’entends-tu pas hurler dans la nuit
Quand me prend l’angoisse
Au ventre
Et que j’ai envie d’crier,
De réveiller tout le monde
Pour bien les regarder
De quelle couleur sont leurs yeux
La forme de leurs bouches
Comment sont leurs cheveux
Laisse moi les toucher
Et toi, qu’aimes-tu
Oh dis-moi
Qu’est-ce que la vie
Tout ce que je sais
C’est un camé
Qu’avait d’la lumière dans les yeux
Mais ne pouvait plus respirer
Dans ce monde trop petit
Il a laissé sa vie
Quelque part
Là-bas
A côté d’chez toi
Et toi
Et moi
Où vivre
Où vivre
M’man
J’ai du mal dans a tête
N’ai pas peur
M’man
Quand la nuit t’réveillera
Je s’rai quelque part
Là-bas
Il y a des jardins
Il y a des jardins
Dans les jardins
Il y a des enfants
Couchés dans la rosée
Aux sons des guitares
Des rêves se lèvent à l’horizon
Tandis que j’baladais
Ma vie
Dans les quartiers d’la ville
Le métro dégueule toute sa misère
Sont déjà loin les beaux jardins
Il est des places
Remplies de sacs à dos
Des milliers d’enfants attendent le bateau
Des milliers d’enfants se glissent sur les routes
Il est des filles qui se marient avec la mer
Le soleil dans leur peau
Leurs seins pour le vent
Un accord de musique naît
Dans le petit matin
C’est l’heure où
Les fleurs se parfument
Des bras troués
Un enfant s’est éteint
J’avais envie de restaurer
Un coin d’ma tête
Et d’mabituer
A m’sauvegarder d’tous les dangers
Mon fils mon coeur est dans la peine
Mon fils mon âme va chavirer
Mon fils tu sais
Je n’ai pas peur
J’crois simplement que j’vais tomber
Ta main me prend
Sur le passage
Mais tout ce monde
Qui n’en a rien a foutre
M’enfonce bien d’avantage
Dans mes veines coulent
Un vieux rouge
Et mon corps comme un volcan
Attend
Que tout explose
Un rouge hémoragique
Se répendra de ma soualographie
Au fond d’une salle de bains
Un christ debout
Comateux
Dans la cervelle des gens
Qui ne s’réveillera pas
« Les mots sont une architecture nouvelle »
Il y a des citées de mots
Propres
Conformes
A la consommation
Les miens se sont perdus
Au fond d’l'impasse
Trop simples sans doute
Je suis une pute
Qu’attend des mots
Des mots
Oh! t’as rien à dire
Tu es belle
Belle comme une fleur
Belle comme le sourire d’un cul
Qui se réveille
Pârais que j’suis né à
0h45
0h45 0h45 0h45
0h45 un enfant va crever
0h45 un bateau qui s’en va
0h45 une fille qui s’ouvre
0h45 un voleur est passé
0h45 du sang dans les draps
0h45 du sang dans la rue
0h45 et j’ai gueuler, gueuler, gueuler
J’navigue sur mes phobies
Je pleures
Je vis
Je pense
Je ris
Exister
Exister
Je vous vois donc j’existe,
Si je ne vous vois plus, je n’existe plus.
J’ai besoin de vos sourires, de vos regards rassurants,
J’ai besoin de vos mots, de vos souffles,
De vos bras, de votre peau,
J’ai besoin du plaisir, de la douleur,
Ensemble dans l’unique d’une même source,
Celle de l’existence.
Merci à vous,
Je suis vivant.

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