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Col d’Ilhéou

Col d’Ilhéou

Col d’Ilhéou jeudi 17 septembre 2009

Départ 7h30 retour 13h45 (6h15), annoncé 7h30

Bonne idée de partir de bonne heure, à peine le jour levé. Je suis la seule voiture au lac d’Estaing, comme hier. J’attaque la rando à 7h30. Je préfère prendre la piste qui monte en lacets, plutôt que le GR10 qui file tout droit en traversant cette piste mais qui casse directement les jambes à quelqu’un qui comme moi, n’est pas un montagnard mais un baladeur des campagnes. Trois quart d’heure avant de quitter cette piste pour passer enfin sur le GR10, que je loupe encore une fois et je me retrouve trop bas. Ca m’était déjà arrivé il y a quelques années. Je rattraperai plus loin le GR mais j’y laisse des forces, voilà c’est bien fait, si j’avais allumé mon GPS avant, j’aurais immédiatement réagi. En arrivant ensuite à la cabane du Barbat, au changement de direction, j’en profite pour faire une pose, me ressourcer rapidement. J’aperçois loin sur le sentier, en bas, 2 silhouettes qui montent. Je décide de repartir tout de suite, et au bout de 10 à 15 minutes, ils débarquent à leur tour au panneau de direction. Il y a 30 minutes puis 15 minutes passées, je me demandais si je n’allais pas abandonner, mais je suis là, en route pour le col. Je me plante de sentier, fait demi-tour et récupère le GR, je jette un œil pour voir où sont ces 2 personnes que j’appelle dans ma tête « mes amis ». Je ne les vois plus, ni sur le chemin du retour ni aux alentours de la cabane. Je pense qu’ils doivent être sur mes pas. J’avance mais je m’arrête aussi souvent, prendre des photos, mais aussi et surtout pour respirer à fond, calmer mon cœur. Parfois, prendre une photo, me concentrer sur la prise de vue me fait mal et je pousse de long râlement. Enfin, la pente s’arrête d’un coup pour laisser place à ce joli col, je n’ose y croire, je l’ai, j’y suis, je pousse un « YOP » de bonheur, d’expression libératrice et je me met à pleurer, j’essuie mes larmes au fur et à mesure, je mouche et j’ai de gros soupirs, comme un enfant, mais maintenant, je suis porté par la joie, le bonheur. Il y a longtemps qu’une telle émotion ne m’avait pas envahi. J’avais réussi, quelle satisfaction et victoire sur soi-même surtout pour un dépressif, non ? Ma détermination a encore gagné, malgré les doutes qui mon accompagnés.

Au retour j’aperçois quelques marmottes mais trop difficile de s’approcher pour les photographier correctement, ce n’est pas grave, je fixe le terrier et l’entrée pleine de déjections.

Plaa de Prat

Plaa de Prat

Plaa de Prat mercredi 16 septembre 2009
Aujourd’hui je suis monté au Plaa de Pra. Belle balade de 15 km aller-retour parcouru en 4h, avec une belle montée dans les sapins. J’ai participé à l’œuvre commune, pour la première fois j’ai ajouté ma pierre à chaque cairn rencontré. A ma première pierre, j’eu vraiment l’impression de faire partis d’un « grand tout » j’apportais ma pierre. C’est ce que nous souhaitons tous : apporter sa pierre, laisser une trace de notre passage dans ce monde. Les cairns étaient symboliques mais représentaient bien cet état, je laissais avec ces petites pierre, ces cailloux, un brin de moi-même, un passage qui va être marqué. Comme quoi, un simple petit caillou posé peut avec des dizaines d’autres cailloux peut influence une réflexion plus profonde, sur le sens de notre vie et ce que nous laisserons ensuite.

PS / 4h de marche, annoncé 5h à 6h (départ 7h45 retour 11h45)
Lac du Tech

Pic de Pan

Pic de Pan

Le réveil fut laborieux ce matin. Cinq heure trente, je stoppe la sonnerie pensant que six heure s’affiche, puis ça sonne à nouveau à six heure puis six heures dix et enfin six heures trente. Entre temps il y eut les rappels à l’ordre, musique insupportable, de quoi se lever normalement ! Mais je savais que le temps n’était pas au beau. Hier soir il a plut. Je ne sais quelle décision prendre, partir ou rester et enfin vers où? Le pic de Pan, si le temps le permet ou le lac d’Estaing ou celui du Tech, je ne sais pas. Je me lève timidement pour scruter le ciel, de gros nuages gris et noirs semblent accrocher juste au dessus de ma tête, immobiles et peu encourageant. Je décide quand même de me préparer, je me rase, me douche et avale un café soluble et je mets le nécessaire dans mon sac à dos. Je prends également le pied de l’appareil photo, faute de balade restera certainement des clichés à réaliser aux lacs… J’aime les ciels chargés et là je suis servi. Je roule sans savoir encore la direction que je vais choisir. Au dernier moment, le ciel aidant, j’opte pour le pic.
Les premiers rayons de soleil permettent quelques clichés à la faveur de pics orangés. La montée me semble difficile, j’ai les jambes vite « cassées » et le souffle court. Au bout de 45 minutes je suis déjà trempé de sueur. Je ne prends pas le temps de faire une pose, les nuages sont là, ils me poussent en avant. Il faut que je monte avant que la montagne ne soit envahie d’épais manteaux nuageux. Je ne peux quand même pas résister à stopper de temps en temps pour photographier le paysage. Je devrai enlever ma veste mais j’avance, j’avance, je souffle, je buffle, j’avale en profondeur de grandes bouffées d’oxygène. Mon sang en réclame encore et encore. Je repense à quelques années en arrière, quand j’étais sous antidépresseurs, je n’aurais pas pu arriver jusque là, j’en suis convaincu. J’avais pris du poids et les effets secondaires me condamnaient à rester dans la vallée… J’ai un petit avantage sur ma morphologie plutôt squelettique c’est l’obstination, mes jambes démusclées répondent quand-même à mon cerveau qui leur commandent d’avancer encore et encore. Elles n’en finissent pas de se plaindre, de souffrir mais je sais que la fin de cette montée est proche, je lève la tête, le pic est juste au dessus, à porter de main quelques dizaines de mètres. Je pense à « Etats d’âme » de Christophe André, et à la définition d’une « bonne santé », C.A. cite l’OMS et pour résumer, il s’agit d’un état social, psychique et physique sans souffrances. Un état et non plus comme autrefois un ressenti simplement physique où la douleur est le signe de mauvaise santé…Mais j’affirme que mes douleurs, à cet instant, sont le signe d’un parfaite santé psychique. J’ai mal mais je me sens bien. Je ne m’attarde pas, je pose mon sac, je bois un peu, je prends quelques clichés et j’attaque la descente. De gros nuages menacent de me rejoindre rapidement et je craints de ne plus voir correctement la piste. Je n’ai pas envie de payer mon obstination en tournant en rond pendant la descente. Je pense à ce moment en revenant en arrière de quelques années, encore, où la descente du Grand Barbat fut fatale à mon genou droit, je passais huit jours à crapahuter avec un genou en compote, terriblement enflammé, je ne pouvais pas poser mon pied au sol. Les balades étaient devenues des épreuves de force et de douleurs. Mais c’était de ma faute, on ne commence pas par ce genre de randonnée le premier jour venu de sa campagne. Je suis soucieux de descendre sans me démolir à nouveau un genou. Les descentes sont toujours douloureuses pour les articulations et je pense que je des bâtons amortiraient bien les chocs.
Des fleurs bleues, en forme de trompette, se réveillent doucement. Pour la plupart, elles sont encore fermées, mais certaines se sont déjà étirées sous les faibles rayons du soleil. J’amorce la traversée d’une grande forêt de sapins, j’ai l’impression de rentrer dans un film de Tim Burton, très sombre, très noir. Sur une hauteur de trois à quatre mètres il y a une absence totale de branches, elles sont mortes, sèches, elles ne reçoivent plus de lumière. Il règne ici quelque chose de lugubre où un chevalier sans tête pourrait surgir. Tout à coup un fort bruissement me sort de ma fiction. J’attrape les premières branches venues, stoppent net tout mouvement et j’observe, inquiet, tentant d’élucider la provenance de ces bruits… Un cerf, une biche, un Izard ??? Ca recommence, juste au dessus de moi et je l’aperçois, il me regarde, apeuré, ne sachant où aller, un écureuil tout roux, fuyant l’intrus que je suis. Je commence à entendre nettement les sons de cloches que portent autour de leur cou ces belles demoiselles qui arpentent les herbages rasés. Puis une cabane, une voiture puis deux, je regarde ces gros nuages accrochés aux pics et je souris alors de leur avoir échappé.
Je vais continuer finalement vers le lac du Tech prendre de nombreuses photos ainsi que celui d’Estaing. La lumière et les nuages en perpétuel mouvement sont un vrai régal pour mon objectif.