Depression
La dépression au quotidien – mon expérience.
Bienvenue sur ce site dédié à ma dépression.
Celle-ci n’est en aucun cas une carte de visite et je ne souhaite pas non plus qu’elle se nourrisse d’elle-même.
Mais inévitablement elle génère des « États d’âme », pour reprendre le titre du merveilleux livre de Christophe André et c’est aux travers ceux-ci que ces quelques pages existent.
Nous subissons un peu les assauts de cette mer déchainée qui inonde notre être de flots d’émotions. ils viennent nous submerger et nous peinons à les contrôler.
Mais rien n’est permanent, ni la souffrance dans la noirceur de la nuit, ni la joie. Alors succèdent ainsi à la torpeur et aux larmes, la sérénité et la lumière.
C’est sans doute simplement cela, la condition humaine…
Dépression le crash
Depuis quelques jours, quelques semaines, je ne sais plus très bien, je vivais dans « l’au-dessus », au-dessus des doses prescrites, le mot overdose jette un froid dès qu’il est prononcé. La plupart des gens pense tout de suite aux drogues, overdose d’héroïne…etc. Bref c’est la même chose, au-dessus de…et avec les somnifères le résultat peut être tout aussi catastrophique.
Vivre chaque jour avec des doses 3 fois supérieures à la législation est un acte volontaire (pour moi) et non le résultat d’une quelconque dépendance. Seulement, pour masquer son mal-être, on se cache puis un jour les médicaments sont découverts et on met tout ça sur la dépendance. C’est plus simple de dire : « je suis dépendant », et se masquer derrière ce mot qui veut dire : « je suis malade » puisque être dépendant est une vraie maladie toxicologique. Puis un jour c’est cinq fois la dose, ce jour là tu restes peut-être debout, mais tu perds toute conscience, tu ne te rappelles de rien, ni de ta discussion au téléphone avec ton fils qui a durée plus d’une heure et demi, rien, ni comment et qui t’a couché, RIEN, le trou noir, le vide absolu, le néant.
Le réveil est lourd, pénible de se retrouver là avec son poids de culpabilité, encore elle, la revoilà, la culpabilité. Tu sais bien que tu aurais pu y rester, le cœur a ses limites, mais non, c’est comme à la roulette russe, ce n’était pas pour aujourd’hui…
Alors le 15 avril 2008, 7 fois la dose. Je sens le danger, je n’ai pas vraiment peur, je suis calme, aucune panique, mais dans une demi-heure à trois-quarts d’heure je vais sombrer, ce n’est pas ce que je veux, j’ai besoin d’aide, c’est urgent car je souffre trop. Cette fois-ci je suis au bout du rouleau, ma femme dort, mon fils le plus jeune est sur son ordinateur, si je m’endort je sais que je peux partir pour toujours.
Je décide de composer le 15, j’explique ce que j’ai pris. La voix, à l’autre bout du téléphone me dit que le risque est grand de faire un arrêt cardiaque. Je propose alors de réveiller ma femme pour m’emmener aux urgences, mais il n’en est pas question « dans l’état où vous êtes je vous envoie une ambulance et je préviens l’hôpital », je me souviens à peine, ma femme me mène en voiture au bout du chemin, je vois le gyrophare de l’ambulance, j’avance comme un zombie, je m’allonge, on me tient la main, me rassure, on ne veut pas que je dorme mais c’est trop me demander, la lutte est inégale… J’entends au loin une voie « on arrive bientôt aux urgences »…Plus RIEN.
Dépression
J’ai créé cet espace hier soir (21/11/07) en ressentant un besoin de briser le silence et en même temps en me disant « mais à quoi bon! les histoires tristes n’intéressent personne! ça ne sert à rien! ». Puis il existe déjà d’excellents blogs ou sites sur ce sujet, alors pourquoi en rajouter? Un site de plus qui va venir se fondre dans la masse. Combien de temps va durer ce site? A ce jour, à cette heure je l’ignore. Ce matin, j’étais mal, j’ai pris mon antidépresseur, mon anxiolytique et j’ai attendu que la crise passe. J’ai hésité avant de me mettre devant ce clavier, puis j’ai créé une catégorie « accueil » puis cet article « présentation », rien d’original, je n’y connais rien aux blogs mais les mots avancent à petits pas, c’est l’essentiel pour l’instant.
Alors pourquoi ce site? Est-ce un besoin d’exprimer sa propre souffrance? un besoin d’écoute? d’être rassuré et rassurer à son tour? sans doute un peu tout ça à la fois. A l’hôpital on est reconnu comme malade, on a sa place comme malade et on a le droit de dire, je ne suis pas bien ou au contraire, aujourd’hui ça s’est bien passé. On est entre malades et on peut dialoguer ou rester silencieux, peu importe, on existe avec sa maladie tel qu’on est, sans artifice. Si on ne comprend pas toujours la souffrance de l’autre car chaque pathologie est différente, chaque histoire est différente, chaque individu est unique, on peut au moins l’entendre. Les psy sont là pour ça, le personnel hospitalier aussi (lorsqu’il a un peu de temps). Mais à l’extérieur c’est différent, l’on se sent dans un autre monde, souvent incompris, malgré les bonnes volontés, face à sa souffrance et ses médicaments, jusqu’au jour ou tout devient trop lourd à porter…
Ce que je souhaite c’est que vous n’attendiez pas que ce jour arrive comme une fatalité. Que vous puissiez vous exprimer ici avant qu’il ne soit trop tard, que l’on puisse s’entraider. Ma quête est de retrouver un sens aux choses de la vie mais je suis aussi convaincu que seul, c’est quasiment une chose impossible. Certes il y a la famille mais ça ne suffit pas toujours, je pense qu’il faut une écoute étrangère aux membres de sa propre famille.
Il existe sur ce site des articles, disons de simples petits textes souvent inachevés. C’est souvent le propre de mon ressenti, une envie brutale et féroce de s’exprimer et le lendemain est un autre jour avec ses nouveaux lots de sentiments, de vécus, d’expériences… sa nouvelle réalité.
PS
Depuis mars 2011, mon état se stabilise.
Après mon dernier passage en HP en octobre 2010, on m’a largement réduit mes doses de médicaments que je prenais d’une façon totalement anarchique.
Ce qui me valu ma dernière hospitalisation est une surdose de xanax à 0.50mg de 30 comprimés.
Au total j’ai effectué un séjour en clinique, 3 en HP et une dizaine de passage en réanimation et soins intensifs.
De toute évidence je ne souhaite qu’une chose, c’est tenir dans la durée.
A travers les articles de ce blog, vous trouverez mon quotidien, mes pensées, mon état précis à un moment donné, des textes d’auteurs, des vidéos, des choses que j’ai souhaité partager.
Mais vous ne trouverez pas ici de recettes miracles ou de conseils quelconque, encore moins sur l’usage de médicaments.
J’espère simplement qu’au travers ces quelques pages vous vous sentiez moins seul dans votre ressenti de la maladie.
N’hésitez pas à laisser vos commentaires… Merci

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