Être « Out »

Être « Out »

Cette nuit risque d’être longue, du moins jusqu’où vais-je tenir…Le dépression, je l’ai déjà dis, et sur ce point, tout le monde le reconnait est une maladie très difficile à comprendre, surtout pour l’entourage. Mais même si elle est mal comprise, on peut au moins entendre et respecter les choix du malade pour tenter de s’en sortir. Les « non malades » évoquent leurs problèmes en vous balançant, « je sais ce que sait car moi-même j’ai traversé des épreuves difficiles ». Évidemment, nous en sommes tous là, mais la dépression est une maladie à part entière et qui n’a rien à voir avec des épreuves de la vie, difficiles, que nous pouvons gérer plus ou moins bien. Ce soir, ma femme m’a jeté à la figure tout ce qu’elle pensait, suivi d’une phrase terrible: « je ne pourrai pas continuer… » cette phrase inachevée ouvre la porte à une interprétation que tout le monde peut comprendre. Le reste a suivi, la psychiatre, la psychologue, les médicaments qui « altèrent » mon raisonnement, et pas question d’aller à l’hôpital de jour (c’est ma psychiatre qui me l’a proposé vendredi dernier).

Tout ça vu de l’extérieur, c’est de la merde. Je n’ai pas l’impression que mon raisonnement soit altéré, seule, une difficulté de concentration se fait sentir, ce qui est tout à fait différent. Je suis, depuis ma sortie, passé dire un « petit coucou » aux malades que j’ai fréquentés durant mon séjour, acte complètement incompris de la part de ma femme. Elle m’en a fait le reproche sans tenter de comprendre le pourquoi. Vendredi dernier, la psychiatre me propose de fréquenter, suivant un rythme que nous définirons, l’hôpital de jour. Elle pense par ce biais me sortir de ma routine, éviter de « ruminer » toute la journée…etc. Mais voilà, ma femme s’y oppose, elle ne comprend pas ce que ça peut m’apporter de fréquenter d’autres malades, « ils sont atteint, ce sont des malades mentaux », mais la dépression est une maladie mentale, il faut le savoir. « Tu ne l’ai connais ni d’Eve ni d’Adam », peut-être mais la plupart ne trouve pas une oreille attentive si ce n’est dans le corps médical. Mais moi, je suis comme eux et simplement les écouter me procure l’occasion de positiver.

La psychiatre m’a dit de ne pas prendre plus de 2 mépronizine le soir, cela pourrait m’empoisonner…alors ce soir j’en ai pris 3 (j’irai beaucoup plus loin), à quoi bon si même vos plus proches vous abandonnent, s’ils en ont marre d’attendre! Ils ou plutôt elle ne comprend pas que tout se joue sur la durée, sur la patience et la tolérance…

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Commentaires

De tout coeur avec vous. L’important c’est de croire qu’un jour nous verrons le bout du tunnel même si c’est le noir complet. C’est vrai que l’entourage n’aide pas non plus. L’important c’est aussi d’être accompagné par de vrais profs…

Merci Christophe pour ce soutient, je vais m’en sortir, je pense que je suis sur le bon chemin.

Mais laisse tomber les autres ! C’est justement le moment de te centrer sur toi. Ton moi intérieur essaye de communiquer avec le reste de ce qui fait que tu es toi. Si ta femme n’est pas capable de te soutenir, ou au moins « d’attendre » que tu sorte ne serait-ce qu’un petit peu la tête de l’eau et bien… C’est difficile à entendre, ou plutôt lire, mais c’est que ça n’était peut-être pas la bonne !! Je te parle en connaissance de cause car diagnostiqué dépressif depuis une dizaine d’années, maintenant bipolaire (c’est la mode, et puis il faut bien écouler le stock de médoc !!). Mon ex c’est barrée à cause de ma dépression, elle me l’a dit texto. Ca a juste été un révélateur : elle été très egocentrique, elle ne m’aimait pas vraiment, ou alors le croyait sans que l’on partage la même vision de l’amour. Franchement le seul truc qui a fini par porter ces fruits, pour moi (chaque cas est unique !!) ça a été d’accepter la situation, puis de lutter même quand j’en ai vriament pas envie, me forcer à faire des choses, voir du gens, même si je ne parle presque pas, me^me si je n’ai pas envie, arrrêter le boulot aussi, et puis la ça va à peu près !!

Bon courage mec ! C’est la meeeeeeeeeerde ce truc.

Même si c’est difficile -très difficile même – il faut comprendre les réactions d’impatience ou d’irritation des proches, qui ne sortent pas indemnes des épreuves traversées par leurs conjoints, frères, amis intimes atteints par une dépression. J’ai moi-même connu ce cas, ça n’a pas été facile. Mais c’est désormais un lointain souvenir, et il sera de même pour vous, le fait que vous ayez le courage d’écrire sur vous et d’analyser vos problèmes le démontre. Tenez bon, il y a de la lumière au but du tunnel!

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